
Après avoir passé une petite semaine sur la Gibb River Road, nous retrouvons enfin la civilisation, mais seulement pour une courte durée. En effet, nous partirons ensuite pour quelques jours dans le parc national de Purnululu !
Kununurra
Cette petite ville du nord-ouest de l’Australie est l’une des plus grandes de la région, après Broome. Située à proximité de la frontière du Territoire du Nord, elle est connue comme point de départ ou d’arrivée de la Gibb River Road. Nous y sommes restés une bonne matinée, le temps de refaire le plein d’essence, de faire les courses et de trouver un magasin photo pour Claire.
C’était également le jour du marché. Il était vraiment petit, nous avons rapidement fait le tour. Il y avait un stand du centre de soin pour animaux sauvages blessés ou orphelins du secteur. La dame avait un petit bébé kangourou orphelin dans une poche en tissu avec elle. Il était tout mignon et cela nous a un peu fendu le cœur de savoir qu’il avait perdu sa maman.
Le magasin de photo - pharmacie
Une chose curieuse dans les petites villes d’Australie est l’association de différents types de magasins. Nous sommes donc entrés dans un magasin de photo qui faisait aussi pharmacie pour faire examiner l’appareil photo de Claire. Après un rapide examen du reflex par la vendeuse et le rapport détaillé que Claire lui fit, la sentence tomba : comme elle l’avait envisagé, le lecteur de carte de l’appareil photo était mort. Pour le faire réparer, deux solutions s’offraient à nous : l’envoyer au SAV Canon, le seul en Australie se trouvant à Sydney. Il fallait donc l’envoyer par la poste, attendre qu’il soit réparé, puis renvoyé là où nous serions à ce moment-là. Les délais étaient d’environ 15 jours à 3 semaines. Problème : étant en road trip, il nous était difficile de prévoir où nous serions à ce moment-là.
Notre circuit nous rapprochait de Kakadu, et il était inimaginable pour Claire de visiter ce parc riche en oiseaux sans appareil photo. La vendeuse lui conseilla de vérifier si à Darwin, il n’y avait pas un réparateur non agréé qui pourrait s’occuper de la réparation. Claire posta un message sur le groupe Facebook : Les Expatriés français à Darwin. Un Français sur place lui proposa de lui revendre son reflex Canon (un 70D) qu’il n’utilisait pas. La somme était correcte et l’appareil photo de bonne qualité. Après réflexion, Claire décida de le rencontrer à Darwin, ce qui semblait être la meilleure option.
Exceptionnellement, nous avons mangé dans le parc de la ville. Manger assis sur la pelouse verte nous parut si étrange, cela faisait longtemps que nous n’en avions pas vu une. Il y avait de nombreux oiseaux, dont des milans. C’était super sympa !
Avec le coffre plein d’essence, d’eau et de nourriture, nous avons pris la route de Purnululu.
Départ pour Purnululu (ou pas)
Et là, après plusieurs kilomètres sur la grande route, un voyant rouge s’alluma. Panique à bord, nous dûmes nous arrêter sur le bord de la route pour trouver une solution.
Le voyant rouge indiquait que la transmission était morte. Après quelques appels à nos proches en France, nous réalisâmes que la situation était grave. Si la panne était avérée, cela pourrait nous coûter plusieurs milliers de dollars et probablement la fin de notre voyage.
Nous avons donc pris la décision de revenir sur nos pas et de dormir près de Kununurra, les garages étant fermés à cette heure-ci. Il n’était pas envisageable de s’aventurer en plein désert australien avec un voyant rouge allumé. La seule pensée qui nous animait à ce moment-là était que la voiture avait probablement été endommagée pendant nos traversées de rivières.
Le lendemain matin, à la première heure, nous consultâmes un garagiste. Chose étrange, le voyant rouge avait disparu. Le garagiste fit une inspection de la voiture et, selon lui, il n’y avait pas de casse. Le problème venait probablement d’un capteur électronique qui avait pris l’eau et indiquait une fausse erreur. Le problème allait se résoudre de lui-même une fois que tout serait sec, ce qui était d’ailleurs déjà le cas. À moitié rassurés, nous reprîmes la route vers Purnululu. Nous nous sommes dit que nous irions vraiment doucement.
Purnululu
Claire avait hâte de découvrir le parc national de Purnululu, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en raison de sa beauté naturelle exceptionnelle et de sa valeur culturelle pour les peuples aborigènes locaux. Les Gija et les Jaru considèrent les Bungle Bungle comme un lieu sacré où ils ont vécu pendant des milliers d’années. En effet, le parc est célèbre pour ses formations rocheuses en forme de dômes, sculptées par l’érosion depuis des millions d’années. Son nom signifie grès en aborigène.
Le parc est ouvert d’avril à mi-décembre et fermé pendant la saison des pluies. L’entrée est payante (13 AUD par véhicule) sauf si vous possédez la vignette pour accéder aux parcs du Western Australia, comme nous vous en avions déjà parlé ici.
L’accès au parc est réservé aux 4×4. En effet, on y accède par une longue portion de route en gravier. Par temps humide, il faut traverser de nombreuses rivières. Par temps sec, tout est possible, il faudra juste être prudent. La route était moins bien entretenue que sur la Gibb River Road.
Le parc se situe à une demi-journée de route au sud de Kununurra (environ 300 km). Nous y sommes arrivés en milieu d’après-midi.
Cet ensemble de dômes se visite au nord avec Echidna Chasm et Mini Palm Gorge, par exemple, et au sud avec le site de Piccaninny. Nous avions choisi de faire la partie nord en arrivant et de garder le site de Piccaninny pour le lendemain, car nous souhaitions y passer la journée.
Echidna Chasm de Purnululu
Echidna Chasm est une petite marche de 2 km aller-retour dans une gorge spectaculaire. On pénètre dans une fente étroite, entourée de parois rocheuses qui s’élèvent à plus de 200 mètres de hauteur.
Pour atteindre le début de la gorge depuis le parking, nous avons dû marcher en plein soleil pendant plusieurs minutes dans le lit d’une rivière asséchée. Comme à El Questro, la végétation y était luxuriante, créant l’impression d’être dans un oasis.
Puis nous sommes arrivés à l’entrée de la gorge, qui se rétrécit au fur et à mesure que l’on avance à l’intérieur.
Le début de la gorge était effectivement spacieux. Nous pouvions marcher côte à côte sans problème.
Le défilé, profond d’une dizaine de mètres, nous offrait de l’ombre et une fraîcheur vraiment salvatrice.
Le chemin serpentait au cœur de la gorge, et nous avions l’impression d’avoir de moins en moins de place. Par la suite, nous avons dû avancer en file indienne, car l’espace devenait de plus en plus restreint.
La randonnée prit fin après 30 minutes de marche. Cet endroit est connu pour mettre à l’épreuve sa claustrophobie. Pour ma part, je n’ai pas trouvé cela si angoissant. Je reconnais que le lieu était impressionnant. On se sent tout petit face à l’immensité de la roche au-dessus de nos têtes. Claire a essayé de faire au mieux avec les photos, mais il est difficile de représenter ce lieu à la fois gigantesque et minuscule.
Osmand Lookout
Nous avons poursuivi notre visite par Osmand Lookout. Ce point de vue est facile d’accès, situé à 600 m du parking (le même que pour Echidna Chasm). Nous y sommes arrivés en fin de journée, et la lumière du soleil couchant accentuait la couleur orange de la roche. Cette superbe vue nous offrait un préambule sur les dômes de Purnululu, les célèbres Bungle Bungle que nous découvririons le lendemain.
Initialement, nous devions également faire la randonnée de Mini Palms Gorge, mais avec nos soucis de voiture, nous sommes arrivés trop tard pour entreprendre ce parcours de 5 km. Nous avons donc pris la route pour Walardi Campground, le camping le plus proche du site que nous souhaitions visiter le lendemain. La route, qui longeait les formations rocheuses sous la lumière du soleil couchant, était magnifique. Nous avions réservé la nuit au préalable, car, comme tous les campings situés dans un parc national, il peut se remplir rapidement. Le tarif est de 13 AUD par personne.
Dans le prochain article, nous découvrirons donc les célèbres Bungle Bungle de Purnululu.
